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Fresque dans un temple bouddhiste de Chengdu, dans la province du Sichuan © Getty / Philippe LEJEANVRE
 
Anne Cheng, sinologue... et tout est dit.
Érudition, inspiration, sagesse
 
à écouter sans modération

 

Une émission diffusée sur France Inter dans le cadre de la série "Les Savantes" de Lauren Bastide

 
Et voici une merveilleuse
invitation au voyage...
 
poétique et érudite à la
rencontre de la pensée chinoise

Une série de deux émissions diffusées sur France Inter dans le cadre de la superbe émission "Sur les épaules de Darwin" de Jean-Claude Ameisen

Et le Qi dans tout ça ?

 

Et la voici la grande question enfin abordée : qu'est-ce que le Qi (prononcer "tchi") ?

Pour commencer, j'ai vainement chercher un concept de philosophie occidentale qui puisse servir de référence pour vous faire comprendre la complexité de ce concept et qui plus est qui puisse vous faire toucher du bout des doigts le sens de ce concept... Vainement, disais-je...

Et un aparté pour les philosophes, ici.

 

Avant de vous en proposer une vague approche, il faut donc prendre toutes les précautions utiles et vous rappeler qu'il ne s'agit pas d'un concept unique mais au contraire d'un mot aux significations multiples.

Pour les courageux et les érudits, je vous renvoie à ce très bon article sur le sujet...

Mais essayons néanmoins d'en résumer l'idée...

 

On traduit généralement le symbole QI par "l'énergie" ou "le souffle" et ici une meilleure traduction serait d'ailleurs certainement "les souffles".

​La partie supérieure du symbole (inchangée dans la plupart des calligraphies, au contraire de la partie inférieure plus fluctuante) représente de la vapeur... et s'associe donc à une idée de mouvement et de transformation. Ainsi, le Qi est mutation perpétuelle, mouvement perpétuel.

 

En médecine traditionnelle chinoise, le Qi devient donc l'énergie vitale car cette mutation, ce mouvement perpétuel peut s'apparenter à ce que l'on appellerait "l'étincelle de vie", ce petit "plus" qui fait d'un corps inanimé un corps soudain animé... Et oui, celle-là même que recherche Victor Frankenstein en créant sa créature...
Et pour ceux qui ne sont pas férus de littérature anglaise, le concept se retrouve dans toutes les cultures anciennes, ainsi dans la notion grecque de "pneuma", le souffle de vie, ou du "spiritus" latin ou encore du "prana" indien... (s'il y a parmi vous quelqu'un qui peut m'éclairer sur cette même notion dans les cultures chrétiennes et celtes, je suis preneur !).

Ainsi donc, le Qi, ce souffle vital, est partout, en nous, mais aussi à l'extérieur de nous puisqu'il se trouve dans toutes les formes de vie (dans le culture chinoise, nous parlons ici des règnes animal, végétal et minéral) mais aussi dans le ciel et dans la terre. Et l'homme fait le lien entre ciel et terre, recevant leur Qi qui circule à travers les méridiens du corps. Et parfois, ce Qi se bloque...

 

La boucle est bouclée... c'est là qu'interviennent des pratiques comme le Tai Ji Quan et le Qi Qong pour remettre ce Qi en circulation et en exploiter tout le potentiel.
 

 
 
Une petite méditation
 
ludique sur le sens du
 
travail en groupe...

 

 

 

Ecrit, produit, dirigé et animé par

 

Tom Long

 

 

 

Musique par

 

Alexandra Hamer

 

 

Un peu de la philosophie du Tai Ji...

 

L'un des fondements principaux de la culture chinoise est le « Yi Jing » (« livre des changements ») dont nous recommandons d'ailleurs la lecture pour mieux comprendre la civilisation chinoise.

Autre livre fondamental, pour comprendre plus particulièrement le Taoïsme et le Tai Ji Quan, le « Tao Te Jing » (« livre de la Voie et de la Vertu »), attribué à Lao Tseu. Ce livre explique que le « Tao » est à l'origine de l'univers, du ciel et de la terre, qu'il est source de toutes choses. Il n'a pas de nom, pas de forme, pas de représentation, ne laisse pas de trace, il est juste le « Tao ».

Du « Tao » est né le Un, du Un est né le Deux, et de Deux sont nés toutes choses. Le « Tao » est infini, il est le plein, il est le vide (« Hsu Kung » ou «  Wu Chi »).

Ce vide, c'est le grand rien des Taoistes. C'est ce vide (« kung ») qui dans le Tai Ji Quan doit neutraliser la force de l'adversaire. Il ne faut pas le confondre avec le « Yin » que l'on associe souvent improprement au vide dans des classifications qui ne rendent pas assez compte des nuances et de la finesse des notions de Yin et de Yang.

Le Un est le Tai Ji, le Deux est le Yin et le Yang. Lorsque le Tai Ji est en mouvement, il crée indistinctement le Yin - Yang. Lorsque le Yin et le Yang se séparent, ils sont à l'origine de toutes choses. C'est la théorie de la conception de notre univers par le Tao.

Celui qui a créé le Tai Ji Quan a eu cette intuition profonde que toutes choses dans l'univers résultent de l'interaction du Yin et du Yang. Si le Yang est mouvement, et le Yin est statique, ils ne sont rien l'un sans l'autre. Le Yin est énergie, le Yang est énergie, uniquement par leur interaction. Cette interaction, cette union du Yin et du Yang, c'est le Tai Ji, et du Tai Ji naissent le Yin et le Yang. Toutes choses en ce monde suivent ces principes. Le Tai Ji est partout, le Tai Ji est en tout.

Ces principes s'appliquent bien sûr à la physiologie humaine. Les mouvements et les forces ne sont pas à sens unique. On se contracte, mais aussi on se détend, on avance, mais aussi on recule, on produit de la souplesse, mais aussi de la force. Il y a union de ces forces qui ne sont pas contraires, mais qui interagissent, comme le Yin et le Yang.