Ecole des Terres Rouges

Siège social :

4, impasse des Vaux du Bois

91150 Brières les Scellés

 

Mel : ecoledesterresrouges@free.fr

 

Tel : 06.06.43.53.50.

 

          Maître Chen Pan Ling est né à Hsi Ping, dans la province du Henan, en 1892. Il était le benjamin de la famille, et commença à pratiquer les arts martiaux chinois dès l'âge de sept ans auprès de son père, Chen Tzu Chien. Son père, lui-même artiste martial qui avait étudié au temple Shaolin, remarqua très tôt les exceptionnelles qualités de son fils, et put lui faire bénéficier des conseils et de l'entraînement d'artistes martiaux de premier ordre. En plus du Shaolin, il étudia ainsi le Xing Yi, le Ba Gua et le Tai Ji Quan des Écoles Chen, Yang et Wu.

Entre 1914 et 1921, il étudia l'ingénierie hydroméchanique à Pékin. De ce séjour, il rapporta deux convictions qui guideront sa vie : l'importance pour le peuple chinois d'accéder à une éducation publique d'une part, mais aussi la nécessité de donner à ce peuple force et santé par la pratique des arts martiaux. Il fut en effet très marqué, humilié même, par la position subalterne qu'occupait ses compatriotes, et plus encore par le surnom, "les Jaunes", qui leur était donné (1).

Il devînt plus tard le proviseur du principal lycée du Henan, aida à créer les écoles de Mesures Hydrométriques et d'ingénierie hydraulique, ainsi que l'université de Zhong Yan.

          Rentré au Henan, il s'impliqua totalement dans la Révolution républicaine chinoise et devint membre du parti Guo Ming, et il fonda une quarantaine de cellules dans la seule ville de Kai Feng. Dans ce cadre, il dirigea les membres du parti dans le soutien qu'ils apportèrent au corps expéditionnaire de l'armée du Nord. Il dirigea également un groupe d'agents secrets proche des milieux impériaux.

Au cours de la période 1927 à 1931, il fit plusieurs séjours à Chen Kia Ku pour étudier le Chen. Dans le même temps (1928), il participa à la création de l’Institut central des arts martiaux de Nanjing (Nankin), alors capitale du pays. Dans les années qui suivirent, il créa plusieurs écoles d'arts martiaux, notamment dans la province du Wuhan (1936) puis il fut nommé vice-président de l'institut national des Arts martiaux (1939) dans l'Anhui.

         En 1937, après l'incident du pont de Lugou (ou pont Marco Polo) entre les forces de l'armée nationaliste chinoise et de l'armée impériale japonaise, il rejoignit les troupes qui combattaient les forces japonaises.

          En 1941, le gouvernement central décida de vulgariser les Arts martiaux dans l'armée et les écoles et de faire rédiger des manuels. Chen Pan Ling fut le principal membre du Comité chargé de la rédaction de ces manuels.

Il supervisa, entre autre, un travail portant sur une synthèse des différentes composantes du taiji quan de cette époque telles qu'elles étaient pratiquées dans les principales écoles de cet art. De cet important travail naquit la forme de taiji quan unifiée, également nommée "forme des 99".

Ces travaux se terminèrent au bout de trois ans : plus de 50 manuels et une quarantaine de planches furent ainsi rédigés.

           En 1947, Chen Pan Ling fut appelé comme consultant sur le projet d'irrigation du bassin du fleuve Jaune. En effet, il connaissait déjà bien ce sujet puisqu'il avait déjà travaillé sur des projets, finalement abandonnés, de détournement des cours du fleuve Huai et du fleuve Jaune.

          Dans le contexte de la chute du régime nationaliste de Chiang Kai Chek (Jiang Jieshi), Maître Chen Pan Ling dut fuir à Taïwan (1949). La majorité des travaux et oeuvres sur les arts martiaux chinois réalisés sous sa supervision au sein de l'Institut de Nanjing furent alors malheureusement détruits ou perdus. Il consacra alors le reste de sa vie à tenter de les reconstituer.

          En 1950, il créa l'Association des Arts martiaux chinois dont le siège social fut fixé à Tai Zhong et dont il était le Président.

En 1955, il fut nommé président du comité des Arts martiaux de la République de Chine et devînt l'une des figures les plus respectées dans le cercle des arts martiaux de l'île de Taïwan.

 

          À Taïwan, il créa le "Club de Santé des 99" au sein duquel il enseignera activement les arts martiaux dont les trois grands arts «internes» : le bagua zhang, le xingyi quan et le taiji quan. Il n'accepta jamais d'être rétribué pour son enseignement. C'est en faisant la synthèse de ses connaissances et en mettant à contribution ses qualités d'ingénieur en hydraulique qu'il détermina et expliqua le choix de la forme de Tài Jí Quán que nous retrouvons dans son ouvrage. Il publia son manuel «Tai Chi Chuan Chiao Tsai» en 1963, concrétisant ainsi sa spécificité dans sa conception et sa pratique du Tài Jí Quán. À sa demande, son ouvrage fut traduit en anglais et publié sous le nom «Chen Pan Ling’s Original Tai Chi Chuan Textbook». Avec l'autorisation de son fils Chen Yun Ching, le cercle des arts martiaux Chen Pan Ling en a assuré la traduction française en 2002.

          Cette forme unique de taiji quan est aujourd’hui enseignée par ces deux fils, Chen Yung Ching et Chen Yung Chao à Taïwan, mais aussi au Japon dans le courant de Maître Wang Shujin et de ses disciples. Elle vit également à travers d’autres versions, personnalisées, comme par exemple dans l’école Jiseidô de Maître Kenji Tokitsu. Enfin, et surtout, elle vit au sein de la fondation Chen Pan Ling, au travers de l'enseignement de Chen Yun Ching et alimente ainsi de nombreux groupes actifs en Australie, aux Etats-Unis d'Amérique, en Israël et bien sûr en France.

          Maître Chen Pan Ling est décédé en 1967. Son fils et ses disciples se rendent régulièrement sur sa sépulture pour lui rendre un émouvant hommage auquel nous nous associons ici.

 

 

 

 

 

"Mon père dédia toute sa vie à la Révolution nationaliste, à l'éducation publique, aux techniques de construction hydrauliques et, par dessus tout, à la promotion des arts martiaux chinois".

Chen Yun Ching.

(1) Selon certaines sources, l'origine de la couleur "jaune" attribuée caricaturalement au peuple chinois serait initialement due à la jaunisse et aux maladies qui donnaient un teint jaunâtre à ce peuple, reflet des conditions extrêmes de pauvreté dans lesquelles il vivait.